La classe Confucius dépend de l’Institut Confucius de Toulouse, une association du Ministère de l’Education de Chine, créé pour favoriser l’enseignement du chinois dans le monde entier, et mieux faire connaître la Chine. Sa fonction ressemble à celle de l’Alliance Française.
Pour l’instant, il y a une centaine d’Instituts Confucius dans le monde entier et chaque année s’en ouvrent de nouveaux.
Pour ouvrir un Institut Confucius en France, il faut deux partenaires, l’un chinois et l’autre français (collectivité locale, université, …).
L’Institut Confucius de Toulouse dépend de l’université de Toulouse 1 et de l’université des affaires étrangères de Tianjin de Chine.
C'est dans ce cadre que depuis la rentrée, pour les élèves de Troisième et de Seconde, un cours de chinois a été mis en place, portant escentiellement sur l'initiation à la langue et à la culture. Pour le mandarin, la prononciation et l’écriture sont au programme. Et pour la culture, est mis en place une présentation générale sur des sujets d’histoire et de géographie, en évoquant aussi des fêtes traditionnelles, des coutumes, etc.
Pour la classe de Première, deux professeurs assurent un cours d'Histoire des Arts. Les élèves font leurs recherches par groupes sur des sujets importants de la Chine, comme la route de la soie, le confucianisme, l’opéra de Beijing (Pékin), etc.
Enfin, au lycée, pour les volontaires, des cours de Mandarin sont proposés.

L'institut "CONFUCIUS" à Toulouse
2 nouveaux professeurs cette année pour l'apprentissage du chinois : Fang Fang et Bonnie Deng
IMPRESSIONS :
Cela fait presque trois mois que nous sommes arrivées à Toulouse et, nous devons vous avouer que cette ville a un charme fou, les gens qui y habitent sont chaleureux et Toulouse mérite bien le nom de « Ville Rose ». En effet, toutes les choses ici nous fascinent : les paysages, la diversité de la cuisine française, les amis. Mais cela n’est rien par rapport au plaisir que nous prenons à enseigner le chinois et à partager la culture millénaire de notre pays à des élèves intelligents et disciplinés.
Les cours ont commencé le 10 septembre, cette date correspond à la fête dédiée aux professeurs en Chine. Cette nouvelle expérience a donc débuté sous les meilleurs auspices et augure une année fructueuse tant pour les élèves que pour nous.
Très vite, nous avons remarquées qu’il y avait une différence majeure entre l’enseignement en France et celui en Chine : nous pouvons développer cette idée en se focalisant sur la liberté totale que possède les élèves français dans l’acquisition d’une opinion et un sens critique. Cette spécificité majeure entre les deux cultures tient surtout aux différentes idées que peuvent développer les élèves durant l’ensemble de leur parcours scolaire. C’est pour cela que l’on dit souvent que l’enseignement en France permet le développement du sens critique de l’élève, qui peut se forger une opinion qui lui est propre. En son temps, Térence dans Phormion évoquait cette question en disant : « Autant d'hommes, autant d'opinions », ceci prouve bien que depuis l’Antiquité, on pousse les élèves à réfléchir par eux-mêmes et à défendre une idée qui leur est chère.
A notre grande joie, ces différences nous enrichissent car les élèves attendent beaucoup de nous, ce qui transforme chaque cours en un incroyable challenge pour les jeunes professeurs que nous sommes. En effet, les français aiment bien nous interroger sur la culture chinoise et nos élèves ne font pas exception ! Durant nos cours, de nombreuses questions nous sont posées comme « Pourquoi les chinois préfèrent le chiffre 8 ? » ou « Pourquoi le dragon en chine n’est pas le symbole du mal ?» auxquelles nous nous efforçons de répondre directement dans la mesure du possible. Cependant, certaines questions nécessitent un approfondissement de notre part sur internet et dans les livres. Ceci est très différent de l’enseignement chinois car, en Chine, les élèves sont toujours silencieux, écoutent leurs professeurs enseigner leur matière et ne posent aucune question, alors qu’ici, nos élèves sont plein d’entrain et ont des discussions avec les professeurs rendant ainsi le cours plus interactif. Ainsi, afin de capter l’attention de nos élèves, nous nous efforçons à trouver des sujets attractifs et à utiliser une variété de méthodes afin d’enseigner le plus simplement notre langue. Par exemple, on apprend aux élèves non seulement le vocabulaire quotidien, mais aussi la phonétique y compris les caractères, ou encore des chansons chinoises. Pour ce faire, nous utilisons différents supports (diapositives, films, audio…), de cette façon, les élèves ne s’ennuient pas et sont plus concentrés en cours de chinois.
Cette expérience hors du commun nous permet de nous adapter constamment à la culture française et d’améliorer sans cesse notre façon d’enseigner. Comme le disait Charles de Montesquieu dans Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères : « Ce n'est pas l'esprit qui fait les opinions, c'est le cœur ! ». C’est cela qui nous passionne : transmettre notre savoir, faire découvrir notre culture, notre pays, acquérir de nouvelles connaissances grâce à nos élèves et de voir qu’ils sont curieux et avides de connaissances. Sur ce point, étant donné que nous sommes à Toulouse, nous nous devons de citer un auteur de cette ville nommé Joseph Joubert qui disait « qu’enseigner, c’est apprendre deux fois ».
Comme la nouvelle génération chinoise, nous sommes nées et avons grandies dans une Chine plus ouverte et plus intégrée au monde qui l’entoure. De fait, ceci nous permet d’avoir une mentalité plus ouverte et moderne que la génération de nos parents. Par conséquent, notre venue en France et plus particulièrement au Collège Saint Joseph a été conditionné par notre désir de montrer à nos amis français, une nouvelle image de la Chine : une Chine nouvelle, attractive, dynamique, moderne, incontournable et amicale. Comme l’a indiqué le Comité Olympique de Chine en 2008 : « Gagner et perdre sont temporaires. L’amitié est permanente ! ».